La conscience d’Amira s’éveilla timidement alors que le monde reprenait peu à peu des couleurs. La première chose qu’elle ressentit fut la rudesse du sol sous son corps, puis vint le murmure lointain d’un village s’ébrouant dans l’aube naissante. Le cliquetis soudain de cailloux ricochant sur le pavé la tira de sa rêverie. Elle gisait là, échouée près d’une échoppe au bois vieilli, ornée d’une étrange poignée noire en forme de main. Sa quiétude se brisa lorsqu’un caillou fendit l’air en sa direction, mais Amira fut plus prompte. D’un geste vif, elle intercepta la pierre, stoppant net sa course.
Amira considéra la pierre aux arêtes vives dans sa paume, un pli soucieux barrait son front. Elle se tourna vers les auteurs du méfait – une bande d’enfants au sourire espiègle. D’un revers de main, elle renvoya la pierre, dont le bruit sec contre les pavés souligna son mécontentement, avant de se rasseoir.
— Qu’est-ce qui vous prend ? Ces pierres sont bien trop précieuses pour vos jeux !
Leurs rires s’élevèrent, insouciants et sans la moindre gêne, comme s’ils n’avaient pas du tout entendu sa remarque. Un garçon, enthousiasmé par le jeu, s’avança pour récupérer la pierre. Mais alors qu’il s’approchait, l’éclat du pendentif d’Amira attira soudainement son regard. Il s’arrêta net, comme figé, avant de se détourner et de repartir, sans toucher à la pierre.
— Qu'est-ce qui ne va pas ? s’enquit Amira.
— On est vraiment désolés ! balbutia le meneur, sa voix s’adoucissant. Excusez-nous.
Leur départ fut aussi précipité que leur assaut, laissant Amira seule face au soleil naissant. Les premiers rayons du soleil effleuraient ses joues, doux contraste avec l’agression précédente. Elle prit une profonde inspiration, savourant la chaleur du moment. Si c’était un rêve, il était étrangement agréable. Amira se redressa, épousseta machinalement son pyjama, mais son esprit restait en ébullition. Ce pendentif, cet énigmatique présent, semblait détenir des secrets qu’elle n’était pas certaine de vouloir connaître.
— Où m’as-tu emmenée ? murmura-t-elle, les yeux rivés sur l’éclat du bijou.
Le regard d’Amira balaya le village. Autour d’elle, des rues spacieuses et bien entretenues, de charmantes boutiques. Les avenues étaient ornées de bannières. Chacune portait une couronne, subtilement rendue dans un style unique ; une couronne gravée dans des teintes terreuses, une autre tracée avec les motifs délicats de plumes, une troisième tissée de ronces, et une quatrième façonnée avec des écailles méticuleuses.
Les visages des villageois, initialement illuminés de joie, prirent progressivement une expression de suspicion et de curiosité. Amira sentit son pouls s’accélérer.
Calme-toi, tout ira bien, songea-t-elle, reprenant les mots de son père : La patience est la clé.
Dans un élan frénétique, ses yeux se posèrent sur un manteau marron abandonné sur le sol. Avec une promptitude née de l’urgence, elle s’empara du vêtement et l’enfila, enveloppant sa silhouette d’une aura de normalité trompeuse. Discrètement, elle fit coulisser son pendentif sous l’étoffe de sa robe, à l’abri des regards indiscrets.
D’un pas résolu, elle quitta l’étrangeté de la boutique derrière elle. Les villageois semblaient se déplacer avec un but précis dans une direction, et tandis que les yeux d’Amira suivaient leur trajet, elle remarqua les hautes tours qui se dressaient fièrement au loin. La ville s’étendait au-delà, ses contours adoucis par la brume de chaleur qui s’élevait du sol.
La confusion d’Amira ne freina guère ses pas alors qu’elle se fondait dans la masse des passants. Peu après, les rues devinrent bondées, l’air plus lourd. Les piétons se distinguaient par leur tenue flamboyante, vibrante et différente de tout ce qu’Amira avait jamais vu. Leurs cheveux étaient coiffés de multiples façons ; elle aperçut même un homme avec des insectes vivants – verts et à pattes rouges – accrochés à ses tresses.
Un son venu d’en haut la fit frissonner. Un sifflement ? se questionna Amira, mais c’était plus mélodieux, presque envoûtant. Elle s’arrêta, leva les yeux.
Une ombre glissa du ciel. Elle recula d’un bond, un cri lui échappant.
Les passants levèrent la tête, fascinés. Plus loin, la créature s’élevait à nouveau, ses ailes translucides diffusant la lumière en un kaléidoscope de bleu, de rose et de lavande. Amira n’en aperçut qu’un instant, mais elle le sentit - son regard perçant scrutait le monde en contrebas.
— Aetheris ! s’écria un garçon derrière elle, tout excité. Il était là, juste là ! Aetheris a survolé nos têtes !
Le cœur battant, Amira fendit la foule, son regard fixé sur la créature qui s’effaçait à l’horizon. Une force invisible la poussait en avant, ses pas précipités vers l’entrée, guidés par une impulsion qu’elle ne comprenait pas tout à fait.
Et puis, elle s’arrêta net.
Devant elle, deux hommes se tenaient, leurs silhouettes miroitantes sous la lumière. Le satin blanc de leurs chemises et le bleu ciel de leurs pantalons leur donnaient des allures d’illusions vivantes. Ils se tenaient là, avec une sérénité attentive, observant la foule les mains jointes dans le dos.
Au-dessus d’Amira, une immense bannière flottait au vent, proclamant la grandeur du lieu :
“Citadelle du Havre.”
L’entrée était flanquée de deux tours imposantes d’une dizaine de mètres, dressées contre des pentes abruptes. Juste au-dessus, des statues sculptées dans la pierre veillaient sur les lieux : une femme drapée, tenant avec assurance une épée presque aussi grande qu’elle, la pointe fermement plantée à ses pieds.
Dès qu’elle pénétra dans l’enceinte du Havre, la clameur la submergea. La foule s’épaississait à chaque seconde, la musique gagnant en intensité alors que les gens dansaient et chantaient avec joie. Des lueurs dorées caressaient les étoffes, des touches de pourpre royal et d’ivoire rehaussant la richesse du décor.
Certaines femmes, portant de somptueux caftans aux détails finement brodés, observaient la scène en retrait. Pourtant, elles ne se joignaient pas à la danse, leurs mains vides des coupes en bois que beaucoup serraient. Elles se tenaient immobiles, le regard fixé sur le centre de la placette, chuchotant doucement à leurs voisins.
Le sourire d’Amira vacilla. Un grondement profond, résonnant, vibra dans l’air.
Elle se retourna.
Devant elle se tenait une silhouette imposante. Quatre pattes fermement ancrées au sol, chacune se terminant par des pieds fins et griffus, effleurant à peine la terre. Son long corps était drapé d’une épaisse fourrure, un manteau changeant de teinte à chaque mouvement, oscillant entre le bleu nuit le plus profond et le lavande le plus doux.
Mais ce furent ses yeux qui captèrent Amira. Une lueur bienveillante, paisible, presque en contradiction avec les cornes intimidantes qui s’enroulaient gracieusement sur son crâne.
La foule s’agita, une ondulation silencieuse de mouvements et de chuchotements. Sans prévenir, Amira sentit une pression contre son épaule. Doucement, elle fut repoussée sur le côté, écartée du passage.
La créature avançait. Et, marchant à ses côtés, une femme. Sa robe blanche flottait derrière elle, ses ourlets caressés d’un fil doré. Une large ceinture soulignait sa taille, accentuant l’élégance de sa silhouette. Son port de tête était fier, maîtrisé, et son visage s’illuminait de sourires adressés çà et là à la foule.
Pourtant, ses yeux ne quittaient pas la créature. Chaque pas qu’elle faisait semblait mesuré, presque calculé, comme si elle dansait sur une ligne invisible. Une retenue imperceptible, mais bien là.
La curiosité d’Amira s’échappa dans un souffle :
— Qui est-elle ?
— Une dompteuse d’Alter, voyons !
La voix, vive et teintée d’amusement, surgit derrière elle.
Amira se retourna et découvrit une jeune fille aux longs cheveux rouges, flamboyants contre sa peau d’albâtre. Ses yeux, d’un vert profond, pétillaient d’une intelligence malicieuse. Sa chevelure, à la fois libre et sauvage, était couronnée d’une tresse ornée de perles aux reflets verts et bleus.
Elle portait une robe aux couches superposées, où le vert de la forêt rencontrait les nuances automnales du roux. Dans sa main, une pomme rouge virevoltait, projetée et rattrapée avec une aisance presque désinvolte.
D’un geste fluide, elle désigna l’horizon, par-dessus l’épaule d’Amira.
— Regarde ! D’autres rejoignent le défilé.
Un groupe avançait, vêtu de robes crème aux bordures vertes et aux motifs dorés scintillant sous le soleil. Ils saluaient la foule avec assurance, cependant aucun n’était accompagné de son Alter.
Amira les suivit du regard, fascinée. Il émanait d’eux une aura de grandeur, et elle se sentait attirée par celle-ci sans qu’elle comprenne pourquoi.
Deux silhouettes émergèrent à l’arrière du cortège : un homme et une femme, vêtus d’armures métalliques ornées de gravures complexes, tracées dans une langue inconnue. Leurs protections couvraient leurs corps de l’épaule aux pieds, tandis qu’une écharpe couleur sarcelle, nouée autour de leur cou, tranchait vivement avec le gris du métal.
L’homme ouvrait la marche, brandissant une épée dont la lame étincelait sous la lumière. Derrière lui, la femme portait un carquois rempli de flèches, son arc solidement attaché dans son dos.
Intriguée, Amira ne put s’empêcher de demander :
— Et eux, qui sont-ils ?
Elle les désigna du doigt, captivée par leur prestance malgré leur petit nombre.
À côté d’elle, la jeune fille se hissa sur la pointe des pieds pour mieux voir, plissant les yeux.
— Ce sont des gardlyrs, les protecteurs assermentés du pays, murmura-t-elle. Je les imaginais… plus impressionnants.
Le regard d’Amira glissa sur l’homme en tête. Une couronne délicate ceignait son front : un fin travail de métal bleu, serti de pierres précieuses discrètes.
Alors que les gardlyrs avançaient à travers la foule, le regard d’Amira fut attiré par un garçon aux cheveux noirs comme des plumes de corbeau. Son accoutrement sombre faisait de lui une ombre parmi les couleurs éclatantes du défilé. Il se déplaçait avec une précision silencieuse, écartant les gens du bout des doigts pour mieux observer les protecteurs.
Un instant fugace, leurs regards se croisèrent. Amira lui adressa un sourire, chaleureux, spontané. Mais le garçon ne réagit pas. Ses yeux, sombres et insondables, glissèrent aussitôt ailleurs avant qu’il ne disparaisse, avalé par la mer de visages aussi vite qu’il était apparu.
— Et eux ? s’exclama soudain la jeune fille à ses côtés, son excitation vibrante brisant le silence.
Elle désigna un groupe presque camouflé dans le défilé. Leur présence était si discrète qu’Amira dut plisser les yeux pour les distinguer. Ils portaient des tenues sombres, rehaussées de broderies dorées. Sur leur poitrine, une amulette aux motifs complexes attirait l’attention. L’un d’eux se démarquait particulièrement : une cape noire, bordée d’or et brodée de motifs rappelant des plumes, flottait derrière lui. Son chapeau, pointu et couvrant entièrement sa tête, ne laissait entrevoir que ses yeux à travers de fines ouvertures.
— Ce sont les armonyds, déclara la jeune fille, un sourire radieux aux lèvres. C’est ce que je deviendrai une fois arrivée à Pogrine. (Son enthousiasme vacilla un instant, une ombre traversant brièvement son visage.) Dans une tenue plus colorée, j’espère.
— Je suis sûre que tu y arriveras, affirma Amira avec douceur. Les rêves se réalisent quand on les poursuit avec conviction et qu’on travaille dur pour les atteindre.
L’acquiescement de la jeune fille était aussi ferme que la conviction dans son regard émeraude.
— Duchesse, déclara-t-elle simplement.
Amira arqua un sourcil, un sourire en coin.
— Juste… Duchesse ?
— Juste Duchesse.
— J’aime bien, admit Amira. C’est unique.
Duchesse esquissa un sourire discret.
— C’est normal, je l’ai choisi moi-même.
Amira la fixa, intriguée.
— Tu as… choisi ton propre nom ?
— Exactement. Un nom doit être à la hauteur de celle qui le porte, non ?
— Hm… Il faudrait que j’y réfléchisse, alors. Je ne suis pas sûre qu’Amira me représente si bien.
Duchesse haussa légèrement un sourcil, un sourire à peine perceptible sur les lèvres.
— Il te sied plutôt bien, pourtant.
Amira haussa les épaules, avant de jeter un regard autour d’elle.
— Tu vis ici ?
— Pas encore, mais ce sera bientôt le cas. Je vais commencer mes études à Pogrine. Pour l’instant, j’habite plus loin, à Myrmidia. Et toi, d’où viens-tu ?
— Oh… Euh, nulle part ? lâcha Amira avec un demi-rire. Enfin, je veux dire, je viens de quelque part, mais… Disons que je suis arrivée ici un peu par hasard.
Duchesse l’observa un instant, comme si elle évaluait cette réponse.
— Comme c’est curieux, murmura-t-elle. Eh bien, le hasard fait parfois bien les choses, on dirait.
Amira allait répondre, mais un mouvement brusque attira son attention. Un jeune homme, un peu plus âgé qu’elle, fendait la foule avec une urgence presque fébrile. Son regard accrocha un détail - un éclat métallique, un pendentif identique au sien, serré dans son poing. D’un seul coup, la gemme à son cou s’assombrit, virant à un gris trouble. Puis, dans un frémissement irréel, une créature jaillit de l’ombre. Immense. Éthérée. Son corps, tissé de fumée et de cendres, s’étirait comme une nuit sans fin. Ses ailes, vastes et silencieuses, évoquaient celles d’une chauve-souris spectrale.
Le silence ne dura qu’une fraction de seconde avant que la panique ne s’empare de la foule. Un frisson d’effroi balaya l’assemblée, et en un instant, l’air vibra d’une terreur brute et sauvage. Ils se bousculèrent, une mer de corps en tumulte, et Amira se retrouva prise dans le courant. Ses pieds trébuchèrent en arrière, sa main atteignant instinctivement son propre pendentif.
Au milieu du chaos, la flûte d’un artiste de rue gisait brisée, sa mélodie mélancolique remplacée par le son aigu de la peur. Le chariot d’un marchand se renversa, les fruits roulant comme des billes éparpillées. L’odeur des viandes épicées et des pâtisseries sucrées se perdit face à la brûlure âcre de la panique dans l’air.
Le regard d’Amira se fixa sur le garçon au milieu de la foule, sa voix une cadence désespérée dans une langue étrangère à ses oreilles. Ses tentatives pour apaiser l’Alter vacillèrent, son ordre s’échappant comme du sable entre les doigts.
Amira fendit la marée humaine, bousculée de toutes parts. Son élan fut stoppé net lorsqu’elle heurta quelqu’un de plein fouet.
— Où est-ce que tu fonces comme ça ? C’est dangereux là-bas ! lança le garçon, l’urgence perçant dans sa voix. Viens, par ici-
Mais Amira n’écoutait déjà plus. Elle esquiva sa main tendue, son regard fixé sur une silhouette affaissée sur les pavés. Le visage du jeune homme était crispé de douleur, ses traits tordus par un supplice invisible.
— Il a besoin d’aide !
Le garçon face à elle la fixa, incrédule, avant de lâcher un soupir agacé.
— Sérieusement ? Avec ce qui est en train de se produire, il devrait être le cadet de tes soucis !
La confusion embrouilla l’esprit d’Amira, mais ses jambes suivaient malgré tout le garçon, gravissant les marches de pierre.
Un cri déchira l’air, stoppant net son ascension. En contrebas, Duchesse gisait au sol, la créature planant au-dessus d’elle telle un nuage d’orage. Amira sentit son souffle se bloquer, son hésitation voler en éclats. Elle s’élança.
— Duchesse !
Son cri fendit le chaos, captant le regard d’encre de l’Alter. Elle la scruta de ses yeux vides, sa gueule béante, révélant des crocs semblables à des poignards.
Les pensées d’Amira se perdaient dans un tourbillon, chacune une étincelle qui volait et mourait dans l’obscurité. Il faut que je l’éloigne. Elle feignit un pas de côté.
— Ici ! Je suis ici !
L’Alter hésita, ses instincts en conflit avec son désir de déchirer et de lacérer. Son regard vacilla entre Duchesse et Amira. L’instant d’après, le garçon aux cheveux noirs s’était déjà glissé dans son ombre, prêtant main forte à Duchesse avec une discrétion calculée.
Le soulagement fut un visiteur bien éphémère dans le cœur d’Amira, chassé par l’approche tonitruante de la créature. Son regard affolé tomba sur une torche solitaire plantée non loin. Les flammes dansaient, vives et indomptées.
Sans réfléchir, elle se précipita et saisit le manche en fer, anticipant la brûlure du brasier. Cependant, il n’y eut ni douleur, ni brûlure, seulement une chaleur douce et enveloppante.
Impossible, hurlait son esprit. Le feu brûle. Il détruit. Pourquoi pas moi ?
La confusion se mêlait à l’émerveillement. Pourtant, le moment n’était pas à l’introspection ; le rugissement de la créature la ramena au péril de l’instant.
D’un mouvement déterminé, Amira lança la torche sur le chemin pavé, la flamme éclatant en une barrière de feu. La créature hésita un instant, ses instincts en alerte face à la lueur crépitante qui les séparait.
Mais alors, une étincelle s’échappa et s’accrocha à la manche d’Amira. Le tissu s’embrasa en un instant, une flamme vive qui serpenta rapidement le long de son bras. Son cœur s’emballa, ses yeux fixant le feu qui dévorait son vêtement.
Un cri de panique échappa à ses lèvres, et, dans un réflexe rapide, elle etouffa la flamme. Pourtant, contre toute attente, sa peau ne subit aucune brûlure. La chaleur persistait, mais son corps restait intact. Amira demeura là, figée, hypnotisée par le feu qui engloutissait sa manche entière sans l'atteindre.
La créature, cependant, ne semblait pas découragée par la barrière éphémère. D’un seul bond, elle franchit les flammes, sa silhouette massive se détachant dans l’air.
Les yeux d’Amira s’élargirent de terreur alors qu’elle reculait précipitamment, une vague de crainte la submergeant. L’air autour de la créature était saturé de l’odeur âcre des cendres, comme si chaque mouvement de la bête traînait derrière elle le souvenir de mille foyers éteints.
Alors que l’aile massive de la bête menaçait de l’écraser, un objet fusa à travers l’air et heurta son crâne dans un choc sourd. L’impact résonna comme un coup de tonnerre. La créature vacilla, son attention détournée.
Derrière elle, il était là. Le garçon aux cheveux noirs. Immobile, tendu comme un arc, son regard brûlait d’une détermination farouche. Il tendit le bras, saisissant le parapluie noir attaché dans son dos.
Mais à peine eût-il fait un pas en avant qu'une silhouette surgit des ombres. Une autre créature. Cette fois, un protecteur, ses écailles scintillant comme des étoiles. En un instant, les deux créatures s’affrontèrent, une explosion de violence et de mouvements enragés, comme deux forces primordiales qui se déchaînaient, les emportant au loin.
Amira resta là, figée, le vent chargé de l’écho de leur furie. Son esprit, noyé dans un chaos de confusion, ne parvenait pas à saisir la réalité. Elle était là, vivante, mais déconnectée, piégée entre la fascination et l'horreur.
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