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tome 1, Chapitre 3 « Ennuis » tome 1, Chapitre 3

Les premières lueurs de l’aube s’infiltraient à travers les interstices des volets clos. Allongée sur le flanc, Célia fixait ces faisceaux lumineux, la fatigue d’une nuit d’insomnie alourdissant ses paupières. Son esprit demeurait agité. Les paroles du marchand tournaient en boucle dans sa tête. La jeune fille en était persuadée : cet homme en savait bien plus qu’il ne l’avait laissé paraître.

Se levant avec précaution, Célia enfila ses vêtements. Arrivée à l’encadrement de la porte, elle marqua un temps d’arrêt, son regard se posant sur sa petite sœur profondément endormie. Son visage paisible et son insouciance avaient toujours eu le don d’apaiser ses pensées. Ce bref instant de sérénité insuffla à Célia une douceur matinale dont elle avait bien besoin. Elle descendit dans la cuisine, où Anyse s’affairait à préparer le petit-déjeuner.

— Déjà debout ? s’étonna sa mère, en lui offrant une étreinte chaleureuse.

Célia esquissa un sourire. Elle attrapa un couteau et coupa la miche tout juste sortie du four à pain. Son arôme agréable se libéra et emplit la pièce. Peu après, Rocvin descendit, suivi d’Aelia, encore ensommeillée. La cadette s’installa à table et vida d’un trait le bol de lait que son aînée lui avait préparé, avant de mordre avec appétit dans une tranche de pain.

— Je vais aider à réparer une toiture aujourd’hui, annonça Rocvin. Aelia, Célia, vous êtes libres de vous promener, mais pas de forêt. Compris ?

Célia soupira discrètement, mais acquiesça. Une fois le repas terminé, sa sœur et elle sortirent.

À Uleth, les matins s’éveillaient dans une quiétude rythmée par les premiers gestes des travailleurs. Les rues, désormais territoire des enfants, résonnaient de leurs éclats de rire insouciants. Pendant que les sœurs marchaient, Célia ne tarda pas à exprimer son désir de désobéir.

— Qu’est-ce qui nous empêche d’y aller sans qu’il le sache ?

— Et si on rendait plutôt service à des gens ? suggéra Aelia. Pourquoi pas aider les meuniers ?

Célia accepta, uniquement parce qu’elles quitteraient l’enceinte d’Uleth. Elles empruntèrent un chemin sinueux qui serpentait à travers les champs. Ce matin-là, le vent était assez fort pour faire tourner les pales des trois moulins. Les sœurs se rendirent au plus éloigné, où une charrette attelée attendait, entourée de paysans occupés à charger des sacs de farine.

— Les inséparables sœurs ! lança chaleureusement l’un d’eux. Comment allez-vous ? Anyse se porte bien ? Et ce vieux Rocvin, toujours à râler pour pas grand-chose ?

— Nous sommes venues vous aider, déclara Aelia avec assurance.

Les adultes, bien plus grands qu’elle, échangèrent des regards amusés. Si la robustesse de Célia ne faisait aucun doute, Aelia leur semblait encore bien faiblarde.

— On ne veut pas te décourager, mais…

— Je ne suis plus une enfant !

Avec détermination, Aelia s’approcha de la pile de sacs et tenta d’en soulever un. Elle parvint à le faire décoller de quelques centimètres avant qu’il ne redescende. Célia arriva derrière elle et en prit un dans chaque main sans effort apparent.

— Ils t’avaient prévenu. Va plutôt aider à l’intérieur, lui conseilla sa sœur.

Un peu boudeuse, Aelia obéit et entra dans le moulin. L’air y était chargé de fines particules chatouillant ses narines, tandis que le grondement régulier des engrenages formait une mélodie rustique.

À l’étage, les meules tournaient, entraînées par l’axe principal. Le battage des épis résonnait, et les grains extraits étaient déposés dans une trémie, avant d’être écrasés par les lourdes pierres. La mouture tombait plus bas dans un blutoir et, finalement, était ensachée par une paysanne à l’aide d’une pelle à main.

Aelia s’approcha d’elle et lui proposa son aide. L’adulte lui sourit, et lui tendit un outil semblable. Enthousiaste, la fillette se mit à la tâche. Mais malgré sa motivation, son efficacité laissait à désirer : pour chaque sac qu’elle remplissait, l’adulte en terminait deux, en plus de déplacer ceux d’Aelia à l’entrée du moulin.

Dehors, Célia enchaînait les allers-retours avec aisance. Aelia l’observait en silence. Une pointe de jalousie lui serrait le cœur, sans éteindre pas l’admiration sincère qu’elle éprouvait à son égard. L’aînée attirait toute la lumière, mais la volonté de toujours bien faire de la cadette lui valait la sympathie de tous.

Une fois le travail achevé, les deux sœurs montèrent sur la charrette pour le retour à Uleth. Le soleil à son zénith marquait l’heure du déjeuner. À leur arrivée, Aelia et Célia rejoignirent leur maison pour se restaurer. Rocvin, satisfait, constata qu’elles avaient respecté ses consignes. Les restes de poisson de la veille avalés, Aelia alla se reposer dans la chambre, tandis que Célia ressortit.

Elle se dirigea vers le campement de Jael dans l’espoir de continuer leur discussion de la veille, mais ni lui ni son fils n’étaient présents. Déçue, elle fit demi-tour et, passant devant les écuries, décida d’y entrer faute de mieux.

À l’intérieur, six chevaux mâchaient paisiblement leur foin dans leurs stalles. L’attention de Célia se porta sur le seul à la robe noire. Elle s’en approcha. Quiro, ainsi nommé à sa naissance, releva la tête à son approche.

Célia tendit une main et caressa le museau de l’animal qui répondit par un doux hennissement. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Pour elle, c’était une invitation à l’aventure. Sachant plus ou moins monter à cheval, elle envisagea un instant de se rendre en forêt. Elle pourrait revenir rapidement, des sacs et des paniers chargés d’aliments. Elle en ramènerait tellement que même son dogmatique de père n’oserait pas la punir.

— Célia ? appela une voix grave et familière. Qu’est-ce que tu fais là ?

La petite rêveuse sursauta et se retourna brusquement. À l’entrée du bâtiment se tenait Rick, du matériel de forge sous le bras et deux fers à cheval dans l’autre main.

— Oh… Je… balbutia-t-elle, déconcertée. Je cherchais à m’occuper, alors je…

Impassible, le chef d’Uleth avança comme si de rien n’était. Il déposa ses outils, ouvrit une stalle et fit sortir un cheval brun. Guidant l’animal jusqu’à un poteau au fond du bâtiment, il l’attacha soigneusement avant de soulever l’une de ses pattes arrière, qu’il cala sur un support en bois. Il plaça ensuite un burin sur le fer usé et commença à le détacher à coups précis de marteau. Célia l’observa attentivement.

— C’est difficile de faire ça ? demanda-t-elle au bout d’un moment.

— Pas plus que ton père n’a de mal à abattre un arbre, répondit Rick sans quitter son travail des yeux. Quand on maîtrise son métier, ça devient une routine.

— Et pour la Pourfendeuse de Démons, c’est pareil ?

Rick s’arrêta net. Célia se mordit la lèvre, regrettant aussitôt sa question. Pourquoi avait-elle mentionné la guerrière en noir ? Comparer une combattante à un artisan était absurde. Après une courte pause, Rick reprit son travail avec calme.

— Si elle peut terrasser des démons, finit-il par dire d’un ton pragmatique, c’est qu’elle exploite judicieusement les capacités qu’elle a acquises au fil de ses affrontements.

— Mieux que l’armée régulière ?

— Ça, j’en sais rien. Chacun sa spécialité. Moi, je préfère me concentrer sur ce que je peux faire. Tu ferais bien d’en faire autant.

Célia sentit dans ses paroles une forme d’autorité. Elle respectait profondément Rick, souvent plus réceptive à ses conseils qu’à ceux de son propre père. Le chef du village, bien que sévère, savait se montrer juste et ouvert à la discussion.

Elle continua de le regarder en silence tandis qu’il taillait le sabot, le limait, puis fixait un nouveau fer avec des gestes précis et maîtrisés. Une fois le travail terminé, il répéta l’opération sur l’autre patte arrière, puis remit l’animal dans sa stalle. Il rangea ses outils et, en passant devant Célia pour quitter l’écurie, il s’arrêta une dernière fois.

— Ton père est venu me voir. Si tu veux apprendre mon métier, je peux te consacrer du temps. Tu as du potentiel. Ce serait dommage de le gâcher en te préoccupant de choses qui te dépassent et sur lesquelles tu n’auras aucune influence.

Il s’éloigna, laissant Célia plongée dans ses pensées. Son regard se posa à nouveau sur Quiro. L’idée de s’élancer vers la forêt, à la recherche de la mystérieuse combattante, lui effleura l’esprit. Elle secoua la tête, chassant cette pensée téméraire. Risquer sa vie pour quelqu’un qu’elle ne retrouverait peut-être jamais… Non, c’était insensé. Avec un pincement au cœur, elle quitta les écuries et se dirigea vers la place du marché.

Les trocs allaient bon train et chacun trouvait ce dont il avait besoin. Par habitude, Célia se posta à son emplacement. Quelques passants vinrent se renseigner sur ce qu’elle proposerait aujourd’hui, la jeune fille répondit qu’elle n’aura rien pendant longtemps. Elle resta là, l’air triste, à observer les rires et les échanges chaleureux.

À un moment, elle vit Jael et son fils arriver, les bras chargés de marchandises, et commencer à installer leur propre présentoir. C’était une nouvelle occasion d’échanger sur la Pourfendeuse de Démons et les monstres obscurs. Célia alla à leur rencontre, Jael la remarqua.

— Célia ! salua-t-il avec son habituelle jovialité. Comment vous portez-vous en cette belle journée ? Que puis-je faire pour vous ?

— Pouvons-nous reprendre notre discussion d’hier soir ? demanda-t-elle sans détour.

Jael resta silencieux un instant, s’efforçant de garder un air bienveillant, puis lui répondit.

— Je crains de n’avoir rien à ajouter à ce que je vous ai déjà confié.

— Je suis certaine que vous en savez plus !

Cette insistance mit le marchand mal à l’aise. La veille, il avait trouvé cette personne fort sympathique, mais aujourd’hui, elle l'importunait plus qu’autre chose. De plus, la voix de la jeune fille avait attiré l’attention et des personnes regardaient dans leur direction. Son visage se durcit, sa voix montra un certain agacement.

— Si je me souviens de quelque chose, je viendrai moi-même vous en faire part. Pour l’heure, veuillez me laisser travailler, je vous prie.

Le marchand se retourna et commença à placer nerveusement sa joaillerie. Le cœur lourd, Célia s’éloigna et alla s’isoler derrière une maison. Dos contre le mur, elle leva les yeux vers le ciel. Jusqu’alors, elle avait perçu Jael comme un homme joyeux et ouvert à la discussion. Cette fois, il l’avait repoussée. Peut-être avait-il réellement tout dit. Célia se sentait confuse et regrettait amèrement d’avoir insisté. Elle envisagea de s’excuser, puis décida de laisser retomber la tension avant d’aborder Jael de nouveau.

— S’il vous plaît ? appela soudain une voix masculine à sa droite, interrompant ses pensées.

Célia tourna la tête, surprise de se retrouver face au fils de Jael. Il portait toujours son élégant ensemble en cuir marron finement travaillé, orné de motifs délicats gravés sur les bords. Les rayons du soleil jouaient dans ses mèches de cheveux noirs mi-longs, et une épée au pommeau argenté pendait à sa taille.

Jusqu’à présent, elle ne l’avait aperçu que de loin et méprisé pour l’avoir ignoré la veille, mais maintenant qu’elle lui faisait face, elle remarqua la finesse de ses traits et la beauté naturelle qu’il dégageait.

— Vous êtes Célia, n’est-ce pas ?

— Je… Oui, répondit-elle en rougissant. Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?

— Mon père m’a parlé de votre conversation d’hier soir. Vous vous intéressez aux monstres obscurs et à la femme masquée qui les combat, c'est bien ça ?

Célia resta muette un instant, avant de simplement hocher la tête.

— Nous avons effectivement croisé ces créatures lors de nos voyages, dit-il d’une voix posée. Effrayantes, certes, mais leur dangerosité est souvent exagérée par la peur.

— Qu’est-ce que vous voulez dire ?

— Les armes conventionnelles sont inefficaces contre elles. C’est pour cela que l’armée régulière de votre capitale a échoué. Seules les armes enchantées ou la magie élémentaire peuvent les éradiquer. Par exemple…

Il dégaina lentement son épée, révélant une lame d’un rouge écarlate, brillante et parfaitement lisse. La garde argentée, finement décorée, témoignait d’un artisanat exceptionnel. Les yeux de Célia s’illuminèrent d’émerveillement.

— Mon père l’a fait forger dans notre ville natale, expliqua-t-il. Cette lame infusée de magie m’a été d’une grande aide lors de nos voyages, y compris contre les démons.

— Une arme enchantée ?! s’exclama Célia, incapable de dissimuler sa fascination. Comme celle de… !

Avant qu’elle ne termine sa phrase, l’homme posa sa main libre sur sa bouche.

— Sssh… Ce sujet semble sensible ici, murmura-t-il. Oui, c’en est une. Selon les rumeurs, votre Pourfendeuse de Démons manierait une arme similaire. Vous qui vous intéressez tant à elle, avez-vous des informations supplémentaires à son sujet, en dehors des racontars habituels ?

Prise de court, Célia fouilla désespérément dans sa mémoire, mais rien ne lui vint à l’esprit, si ce n’était les rumeurs déjà entendues auprès des voyageurs ou des conteurs. Elle hésita un instant, se demandant si elle pouvait lui faire confiance, puis décida de garder pour elle sa brève et troublante rencontre avec la guerrière.

— Navrée… Je cherche également à en savoir plus…

— Je vois. Dans ce cas, que diriez-vous de nous accompagner, mon père et moi, lors de notre périple commercial ?

Célia haussa les sourcils, surprise par l’invitation.

— Avec un peu de chance, continua-t-il, nous croiserons le chemin de cette femme. On m’a parlé de vos talents de négociatrice au marché. Avez-vous envisagé de vous lancer dans le commerce itinérant ?

Le compliment la toucha. L’idée de voyager aux côtés de Jael et de son fils éveillait en elle un mélange d’excitation et de curiosité. Mais son père n’accepterait jamais cela. Laisser partir sa fille avec des inconnus ? Impensable.

— J’aimerais beaucoup, mais mes parents, ma sœur…

— Je peux tenter de parlementer avec eux. Imaginez leur fierté lorsque vous reviendrez, les bras chargés de richesses, offrant à votre famille et à votre village un avenir prospère !

Il n’avait pas tort. Ramener de l’argent, de la nourriture et d’autres biens précieux pourrait épargner Uleth de bien des malheurs. Plus de possible famine, plus de rationnement, plus de collecteurs de taxes à redouter. Tout cela grâce à elle. Et si, en chemin, elle revoyait la Pourfendeuse de Démons… Tout semblait si tentant, si parfait, mais…

— Je… Je dois y réfléchir…

L’homme s’avança doucement et saisit la main de la jeune fille. Avec une élégance inattendue, il y déposa un baiser. La chaleur de son geste fit rougir Célia, brouillant un instant ses pensées.

— Je m’appelle Eldan, dit-il avec un sourire charmeur. Je suis sûr que vous prendrez la bonne décision. À très bientôt.

Sur ces mots, il s’éloigna, laissant Célia submergée par un tourbillon d’émotions. Elle demeura immobile un long moment, revivant chaque détail de leur échange dans son esprit.

Puis, le soir approchant, elle regagna sa maison. Pour se changer les idées, elle proposa d’aider sa mère à préparer le repas. Anyse accueillit sa proposition avec surprise, mais aussi avec bienveillance, partageant avec elle quelques astuces culinaires.

Le dîner rassembla la famille autour de la table. Célia, un peu nerveuse, présenta son plat sous les regards curieux de son père et de sa cadette. Malgré quelques imperfections, elle reçut des compliments sincères, ce qui lui arracha un sourire timide.

La soirée s’acheva paisiblement. Tandis que Rocvin partait à la taverne, le reste de la maisonnée partagea un moment simple, discutant de tout et de rien à la lueur vacillante des lampes à huile. Quelques éclats de rire ponctuèrent l’échange, et pour un instant, Célia mit de côté ses préoccupations. Cependant, une fois au lit, elles ne tardèrent pas à ressurgir.

Les yeux fixés dans l’obscurité, la jeune fille cherchait désespérément le sommeil. Les événements de la journée tourmentaient son esprit, et l’ennui qui la rongeait devint soudainement encore plus insupportable. Comment pouvait-elle se résigner à une vie si confinée, privée de sa liberté ? Ne plus pouvoir explorer la forêt et troquer les fruits de son labeur… Elle étouffait à cette seule idée.

La proposition d’Eldan résonnait dans son esprit comme une porte entrouverte, et celle-ci méritait réflexion pour prendre la meilleure décision. Déterminée, Célia attendit qu’Aelia s’endorme avant de se glisser hors du lit en silence. Elle s’habilla rapidement, quitta la maison et se dirigea vers le campement de Jael pour lui poser ses dernières questions.

À son arrivée, elle aperçut le marchand penché au-dessus des cendres tièdes de son feu de camp. Il plaça méthodiquement quelques bûches, puis sortit de sa veste un petit sceptre. Celui-ci s’illumina soudainement d’une lueur orangée. En un instant, une flamme jaillit, enflammant le bois avec une facilité déconcertante.

Célia s’immobilisa, stupéfaite. Elle n’avait jamais vu une telle chose auparavant. Elle hâta le pas, Jael la remarqua et exprima sa surprise.

— Célia ? Que faites-vous ici à une heure pareille ?

— De la magie ! Vous… vous êtes un mage ? s’écria-t-elle, partagée entre émerveillement et incrédulité.

Jael poussa un soupir las en se redressant. Son irritation était encore palpable depuis leur dernier échange au marché.

— Décidément, les humains sont vraiment une plaie…

— Quoi ? Mais de quoi parlez-vous ?

Une main se posa fermement sur l’épaule de Célia, la faisant sursauter. En se retournant, la jeune fille se retrouva face à Eldan. Il arborait le même sourire charmeur que plus tôt, mais la lueur malicieuse brillant dans ses yeux éveilla une étrange appréhension en Célia.

— Votre curiosité égale votre naïveté, chère Célia, déclara-t-il d’un ton tranchant.

Et avant qu’elle ne puisse répondre, il la frappa soudainement à l’abdomen avec une force calculée. Une douleur fulgurante traversa le corps de la jeune fille, qui fut pris de violents spasmes, suivis d’une sensation d’engourdissement. Elle s’effondra au sol, inconsciente, laissant échapper un faible gémissement. Eldan contempla sa bague ornée d’une topaze scintillante à son annulaire droit, un rictus mauvais aux lèvres. Ce n’était pas la première victime de sa magie foudroyante.

— Je vous avais prévenu que cette fouineuse nous causerait des ennuis, lança-t-il à son père. Vous n’auriez jamais dû lui parler aussi librement.

— Tu as raison, admit Jael. Ne prenons pas de risques et emportons-la avec nous.

— Vous voulez dire… ?

— Oui, nous rentrons à la cité. Nous avons déjà suffisamment amassé pour satisfaire Son Altesse, en plus des informations sur les Neantys et cette Pourfendeuse.

Sans un mot de plus, ils chargèrent Célia dans le chariot. Les marchands prirent place à l’avant et ordonnèrent aux chevaux d’avancer calmement.

À cette heure avancée, tout le monde dormait. Seul le bruit des roues sur le sol troublait le silence nocturne. Arrivés à l’entrée du village, les sentinelles les interpellèrent.

— Vous reprenez la route ?

— En effet, répondit Jael avec son sourire habituel. Notre expédition nous a conduits dans des contrées reculées, riches de dangers et de beautés, mais il est temps pour nous de rentrer.

— Je comprends. Dommage, j’aurais aimé entendre d’autres récits de vos voyages.

— Transmettez nos remerciements aux habitants pour leur accueil, ainsi que nos salutations à votre chef.

Les gardes acquiescèrent et s’écartèrent. Le chariot s’engagea sur le chemin serpentant entre les champs d’Uleth, avant de disparaître dans l’ombre de la forêt voisine.


Texte publié par K. Helphine D., 16 mars 2025 à 11h13
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