Le jour s’achève, l’œil rouge. Ypso, le cheval noir efflanqué, broute un semblant de cactus puis relève la tête en mâchouillant. Il regarde à droite, à gauche, les oreilles dressées. Sa maîtresse n’est plus dans son champ de vision. Koriann a disparu derrière un buisson d’épines.
Pas âme qui vive sur des lieues à la ronde, mais elle a quand même cherché un endroit discret. Là, derrière la morne végétation, elle s’est accroupie et, les chausses sur les bottes, se soulage.
Le liquide jaunâtre coule sur la terre sèche et s’infiltre dans quelques fissures. Elle suit des yeux les traînées humides un bref instant, prenant soin que sa chair, tendre et rose, n’entre pas en contact avec la surface putréfiée du sol. Ces rigoles miniatures lui tirent un sourire. D’autant plus que la terre fume là où l’urine coule. C’est joli mais ça pue, sourit-elle, le nez légèrement plissé.
Lorsqu’elle se redresse pour nouer sa ceinture autour de sa taille en trognon, elle aperçoit les montagnes au loin. On dirait des épaules, pense-t-elle tout haut. Avec deux cous auxquels on aurait tranché la tête.
En évaluant la distance qu’il lui reste à parcourir, elle lâche un soupir et grimpe sur sa monture. L’épée attachée à son dos lui broie les reins. Elle se cambre en grimaçant et donne un petit coup de talon dans les flancs du cheval. Elle a failli se débarrasser de cette arme. L’idée lui a traversé l’esprit, à cause de la douleur. Puis elle s’est ravisée en pensant à sa probable utilité.
Pour l’instant, la lame a simplement servi à crever une herbe brune pleine d’acide. L’odeur était tellement atroce qu’elle a eu la nausée, et un effroyable mal de tête. Mais le métal a résisté à l’acide. C’est une épée certes trop lourde, mais d’excellente facture. Un cadeau de Lemok. Il aurait été inconvenant de la jeter. Lemok est le meilleur forgeron de Novelis. Il a mis toute son âme et son savoir-faire pour fabriquer l’épée qui doit terrasser le dragon.
Enfin, elle ne peut pas se présenter devant Isthar sans arme.
Elle hausse les épaules. Elle espère que l’air des marais sera plus chaud. Les nuits sont glacées dans ces plaines moribondes. Elle sent une pointe gelée picoter ses os sous son pourpoint gris.
Quitte à être grimée en chevalier, elle aurait peut-être dû accepter l’armure. Mais ce corps de fer était beaucoup trop encombrant. Elle a pris la cotte de maille, tout de même. La plus légère qu’ils ont pu trouver. Elle te protégera des morsures du métal et du dragon, lui a-t-on certifié. Mais pas de celles du froid. Elle a eu toutes les peines du monde à trouver du bois pour faire du feu. La végétation est trop rare, le bois pourri.
Elle préfère se reposer le jour, sous la caresse du soleil, et voyager la nuit. Emmitouflée dans une couverture en laine, elle parcourt la plaine, alternant le trot, le galop, et la marche.
Elle a toujours aimé errer la nuit, surtout pendant la saison des étoiles, quand l’air est doux. Le ciel constellé lui donne l’impression que tout est possible, qu’au petit matin, la désolation aura laissé place à l’abondance, un horizon de champs fleuris, de forêts giboyeuses, de puits débordant d’eau fraîche et limpide, avec en surplomb le chant des oiseaux… et peut-être la paix.
Koriann tire soudain sur les rênes de son cheval, qui se cabre et s’arrête, les sabots au bord d’un gouffre. Tout à ses pensées et dans l’obscurité, elle a failli sauter dans le vide. Elle se penche légèrement, des mèches de ses cheveux noirs soulevées par un vent versatile.
En bas se trouve la vallée des loups. À une époque, a-t-elle entendu à Novelis, les loups se réunissaient dans cette vallée pour hurler à la lune. C’était leur territoire. Il n’y a plus de loups, tous morts de faim, chassés ou entre-dévorés. En revanche, il y a le clan des Voreks. Elle se demande si elle n’aurait pas préféré le temps où il y avait des loups.
Les Voreks ne sont pas plus féroces que les autres clans. Mais, comme avec les autres, les habitants de Novelis ont des relations exécrables avec les Voreks. Chaque clan, chaque tribu, chaque cité lutte pour sa survie sur les terres du Continent Ionéen. Pas d’entente, pas de pitié, des territoires à défendre, tels agissent les peuples en ce monde dévasté.
La grande ville portuaire de Novelis se trouve à l’Est ; sur les plateaux du Sud pointe le fringant royaume de Tessalic ; à l’Ouest scintillent les puissantes Cités de Fer ; au Nord se dresse le Serpent, une chaîne de montagne qui relie la terre et les cieux, avec un point culminant, le Toit du Monde. Et au milieu, s’étale la Fange.
Si les Voreks lui mettent la main dessus, elle se fera dépouiller, violer, puis manger. Enfin, si ce sont des hommes. Si ce sont des femmes, elle se fera juste dépouiller et manger. Il paraît que les femmes des Voreks se font des colliers avec les intestins de leur victime. Des racontars, tente-t-elle de se convaincre.
Un frisson la parcourt et lui glace l’estomac. Elle fait reculer sa monture. C’est dit, elle fera un détour, quitte à perdre une journée ou deux. Il lui faudra se rationner. Elle a prévu un peu juste afin que son paquetage ne soit pas trop lourd. Des litres d’eau dans ses outres, mais peu de viande séchée. L’ennui est qu’elle ne peut pas compter sur la chasse. Aucun gibier digne de ce nom gambade sur ces terres souillées. Elle se méfie même des lézards, dont la chair peut contenir des toxines. Chacun a trouvé un moyen de survivre. Petit ou grand, personne ne veut être une proie facile. Les insectes sont agressifs et dangereux. Dans ce monde dévasté, il ne reste que des prédateurs.
Tant pis, elle mangera mieux chez Isthar. Si elle y parvient.
Le ciel est d’un noir profond, sa monture doit se confondre avec la nuit. Cela la rassure : être invisible, un fantôme dans la plaine. Reste le bruit des sabots martelant la terre sèche. La plaine est rase, aucun obstacle alentour pour répercuter le son, l’amplifier. Il doit mourir avant d’atteindre une oreille.
Elle chevauche à une distance respectueuse du bord de la vallée. Elle ne veut pas la perdre de vue, mais ne tient pas à être repérée. Son œil inquiet tente de percer l’obscurité. Tant qu’elle n’aura pas contourné la vallée, son estomac restera noué. Quelle idée ont eu les Voreks de s’installer dans ce trou ! Avant eux, les vautours ont dû venir se repaître des cadavres de loups. Puis les vautours ont été à leur tour chassés, tués et mangés. Cette vallée pue la mort, comme tout le reste.
Son cheval peine un peu. Des nappes de terre sableuse et noire glissent sous ses sabots. Ici, le sol s’incline, et là forme une bosse.
Elle plisse les yeux. Il y a cette lumière au loin, derrière la bosse, un point jaune, une étoile égarée ayant dégringolé du ciel. C’est étrange… Elle ne rêve pas. La lumière grossit. Elle décide de stopper sa course, de scruter. Et elle scrute, la rétine éberluée. La lumière vient à elle. Elle pense au dragon, se fige, les jambes tendues sur ses étriers. Éjectée de son cheval, elle lâche un cri.
Le monstre qui l’a désarçonnée l’a saisie par la taille et la serre contre lui en grognant. Sans ménagement, il la traîne derrière la bosse de terre, pénètre dans une grotte, la plaque au sol et la fixe d’un œil noir et sévère. Elle ne voit rien, hormis un bout de son visage bestial. Il est borgne, nez fort, cicatrices atroces, cheveux hirsutes tombant sur des épaules énormes. Ses lèvres sont dissimulées sous une barbe noire et touffue. Il ne dit rien, la maintient au sol de toutes ses forces, et la bâillonne soudainement d’une main sale et velue. Elle gémit, suffoque, le fourreau incrusté dans les omoplates. Elle se débat, sent qu’elle va pleurer, se contient. Il a mis un de ses doigts crasseux au milieu de sa barbe, un doigt pour l’intimer au silence, un doigt griffu, qui pourrait lui trancher la gorge d’un coup sec.
C’est un ours avec un visage d’homme, pense-t-elle, les yeux pleins d’effroi. Il continue de la maintenir au sol, les bras fermes. Elle entend Ypso souffler derrière les épaules de l’ours. Il l’a également emmené dans sa grotte. Il attend, impassible. Mais qu’attend-il ?
Elle n’en peut plus d’avoir mal, et peur. La grotte, l’homme-ours, l’odeur est immonde. Elle respire pourtant fortement par le nez. Elle n’a pas le choix. Sa bouche est obstruée. Elle sent qu’elle va vomir, perdre connaissance. Elle réfléchit, vite. Elle ne peut saisir ni son épée, ni son poignard. Ses maigres doigts grattent le sol, arrachent de la terre, la lancent au visage de son agresseur.... Il a fermé les yeux, secoué la tête puis posé de nouveau un doigt sur ses lèvres, le regard méchant. Elle enrage, elle va le griffer, le boxer, le mordre, le… La terre tremble soudain au-dessus d’eux. D’abord légèrement, puis de plus en plus fort. Elle panique. Le plafond va s’effondrer. Ypso s’ébroue, elle se tortille. Mais l’homme tient bon, une main plaquée sur sa bouche, l’autre tenant les rênes du cheval. La grotte s’illumine subitement puis retourne aux ténèbres. Ce qui a martelé le sol s’éloigne. Les tremblements cessent, un silence s’installe.
L’homme est toujours à califourchon sur elle, toujours impassible. Il tend l’oreille, lâche les rênes. Enfin, tout doucement, libère la bouche de Koriann, et se lève. Elle recule à toute vitesse en crachant, tel un animal apeuré puis, les doigts fébriles, sort l’épée de son fourreau. Elle s’y est repris à plusieurs fois, serre le pommeau à l’aide de ses deux mains. Entre-temps, l’homme-ours est sorti de la grotte. Elle se relève, les jambes en coton, et avance, l’épée dressée devant elle, pointe en avant.
L’ours est là, dehors, un géant qui fixe l’horizon poudré de rose. L’aurore vient d’étirer une paupière. L’homme se retourne, pointe un doigt en direction de la vallée et dit d’une voix grave :
« Voreks. »
Elle hésite à le quitter des yeux, de peur qu’il ne lui saute dessus, puis finit par jeter un œil de l’autre côté, où se trouve la vallée. Elle recule de quelques pas, bouche bée. Au loin, une troupe de cavaliers s’éloigne dans un halo de poussière. Des torches brûlent au-dessus de leur tête. Elle comprend. Cette troupe de Voreks est passée ici, sur la bosse. Elle se retourne. L’homme n’est plus là. Il a disparu. Tant pis ? Tant mieux ? Elle ne tient pas à le revoir. Sans attendre, elle enfourche Ypso et s’enfuit au galop.
Elle chevauche à perdre haleine, sans se retourner. Son cheval n’a pas été mangé, elle est en vie. C’est plus qu’assez pour se réjouir. Mais maintenant elle sait. Le danger est bien présent. Tout peut basculer d’un moment à l’autre. Elle se sent si vulnérable. Une forte envie de pleurer et de hurler la saisit. Alors, elle pleure et hurle.
Retourner à Novelis ? Cela lui paraît Impossible. La fosse et les serpents l’attendent. Œil pour œil, mort pour mort, crache-t-elle.
Un rayon de soleil s’est hasardé sur la Fange. Il semble suivre la course de Koriann, lui dévoile le chemin, la terre noire piétinée par les sabots de milliers de chevaux avant le sien, un sillon sinueux dans la poussière de la plaine.
Elle continue, la peur au ventre. Le jour dispense une lumière froide. Rien ne se dessine à l 'horizon. Et elle ne voit pas l’ombre d’une crevasse aux alentours. La vallée doit être loin derrière elle. Il est temps de bifurquer, de contourner le territoire des Voreks.
Elle qui pensait goûter à la tranquillité de ces terres désolées. Des Voreks et un ours : une compagnie dont elle se serait passée.
Enfin, elle aperçoit un arbre. Il est petit, squelettique, mais reste un arbre, avec quelques branches dénudées. Elle en profite pour s’arrêter, attacher Ypso, prendre une outre, boire, hydrater son canasson.
Elle est fourbue, les fesses en compote, des douleurs dans les cuisses. Combien d’heures a-t-elle chevauché ? Beaucoup trop, lui semble-t-il. Elle enlève doucement son épée, se masse les épaules et s’adosse à l’arbre.
« Mon pauvre Ypso, dit-elle en enlevant ses bottes, comme moi tu dois être épuisé. » Le cheval la regarde sans broncher. Le plus stupide serait de le faire crever d’épuisement.
Il lui faut du repos. Elle étale sa couverture, puise de la viande séchée au fond d’un sac, et une poignée d’avoine pour sa monture. Au bivouac improvisé doit suivre un somme réparateur. Elle veut chasser de son esprit l’image de l’homme-ours, de la grotte, de la vallée, se perdre dans les nuages.
Est-ce prudent de s’assoupir ? Elle ramène son épée contre son buste, balaie l’horizon poudreux d’un regard fatigué, résiste un peu puis, harassée, finit par s’endormir, assise contre le tronc sec de l’arbre noir.
Un sommeil bref. Elle pousse un cri, arrachée brutalement à un cauchemar poisseux, juste au moment où le dragon allait cracher du feu.
Son corps frisonne. Une émotion confuse lui embrume l’esprit. Elle est soulagée d’être sortie de cet horrible cauchemar, mais ressent encore de la peur. Elle souhaiterait achever l’histoire. Et qu’elle finisse bien, à son avantage. Qu’elle retourne le feu du dragon contre lui, par exemple. Elle peut le faire dans cet état pâteux. Il suffit de se laisser porter, de fermer les yeux et de se rendormir…
Elle soupire. C’est trop tard. Le monde réel est trop présent avec ses paysages arides, sa lumière froide et ses odeurs.
Elle se lève, s’étire en baillant. Son épée tombe à terre. Elle hume l’air et grimace. Quelle est cette infection ? Elle renifle son pourpoint gris. Ce ne peut pas être elle, elle a pris un bain il y a quatre jours, juste avant de partir. Ce n’est pas l’odeur de l’ours. Cela ne sent ni la sueur, ni la pisse, ni la merde, mais bien pire... Elle regarde tout autour et étouffe un cri. Ypso gît sur le sol, immobile.
Elle se précipite, lui caresse doucement la crinière, effleure ses flancs osseux. L’œil est ouvert, tout comme les lèvres boursouflées, qui laissent apparaître ses dents. Un sourire affreux, figé pour l’éternité. Aucun filet d’air ne sort de ses naseaux. Elle chasse les moucherons à l’aide de sa main. Elle s’en veut, désemparée, lui dit qu’elle est désolée, flatte son encolure inerte en écrasant un sanglot. Prostrée, elle reste un moment contre le dos du cadavre, les yeux dans le vide.
Un bruit étrange la sort de ses pensées chagrines. Elle se penche aussitôt et voit une nappe de sang s’étendre sous le ventre du cheval mort. Le sang coule jusqu’à un grand trou, sombre tache sur le sol brûlé.
C’est alors qu’elles surgissent. Deux énormes pinces noires, qui tailladent la panse du cadavre et retournent dans le trou, emportant un bout de boyau. Elle recule, effarée, manque de trébucher et part chercher son épée. Puis revient près du cheval en serrant la mâchoire.
La lame levée, elle attend, le regard rivé sur les ténèbres. Ses bras tremblent un peu sous le poids de l’épée. Elle déglutit, tente de se concentrer. Les pinces surgissent de nouveau. Elle abat son arme en hurlant. Le cancrelat géant a glissé dans le trou, privé de ses organes préhensiles. Du sang noir a giclé.
Elle ne doit pas perdre de temps, d’autres bestioles peuvent venir. Le fumet du cadavre attire le charognard.
Elle sort un poignard de sa ceinture en cuir et, tout en réprimant des hauts le cœur, découpe à la hâte, comme on lui a appris. Elle terminera par les cuisses et s’arrêtera là. Il lui faut vomir. Alors, elle s’éloigne un peu et vomit. De toute façon, elle ne peut pas tout emporter, c’est bien trop lourd. Quelques morceaux pour une poignée de jours, le temps d’atteindre le sommet de la montagne aux Deux Pics. En espérant que la viande ne soit pas trop faisandée.
Le paquetage harnaché à son dos, elle s’éloigne d’un pas pressé. Son visage ruisselle un peu sous le terne éclat d’un soleil poussif. Dépecer Ypso lui a donné chaud. Pas assez néanmoins pour que la sueur puisse ôter le sang qui macule sa peau. Elle contemple ses phalanges grenat et soupire. Elle s’en est mis partout, bottes et pourpoint compris.
Pauvre Ypso, elle l’aimait bien. Ils auraient pu lui fournir un cheval plus robuste. Lemok possède de splendides montures, dont un étalon blanc qu’elle aurait chevauché avec plaisir. Il a dû estimer que lui donner une belle épée était déjà suffisant. Elle se souvient de l’expression de son visage lorsqu’il lui a remis l’épée. Comme s’il avait avalé son enclume. Il s’attendait certainement à ce que Boltor, dit « le mur », la brandisse. Une montagne de muscles surmontée par un cerveau de criquet anémique, voilà ce que lui évoque Boltor. Il aurait certainement foncé dans le territoire des Voreks, en faisant tournoyer son épée. Les Voreks auraient eu de quoi ripailler pendant plusieurs jours.
Elle secoue la tête, un aigre rictus aux lèvres. D’autres guerriers auraient fait l’affaire, et le bonheur de Lemok. Novelis ne manque pas de gros bras. Ils ont dû les garder pour assurer leur défense. Elle repense à ce qu’a dit Capin, le seigneur de guerre : « le bras musclé est indispensable, mais livré à lui-même il ne vaut rien. Quelqu’un doit le guider, lui donner des instructions. »
Capin est habile, il ne souhaitait sans doute pas se priver de ses meilleurs hommes. Au cas où un clan attaquerait la ville. Cela n’est pas arrivé depuis longtemps. Ne dit-on pas : Novelis, la cité imprenable ? Avec ses murs hérissés de pointes métalliques, ses douves larges comme trois rivières et ses catapultes flambant neuves, la ville-monde n’est pas près de tomber. Les meilleurs archers sont à Novelis, les meilleurs lanciers aussi. Et la flotte de navires qui mouillent dans le port constitue un rempart infranchissable.
À la tête de cette armée d’élite, Capin, un seigneur de guerre redoutable… et redouté.
Mais lui non plus n’a pas été sollicité pour aller combattre ce dragon.
Elle ramasse un peu de terre poudreuse, se nettoie les mains et continue son chemin. Fidèle à son cycle, le soleil a rapidement décliné, emportant le peu de douceur que la contrée avait accueilli.
Elle sort sa couverture de laine et accélère le pas. Devant voyager à pied, il lui paraît désormais inutile et dangereux d’attendre la nuit. Le Marais ne doit plus être très loin.
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